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LE COTOPAXI : LA MONTAGNE SOLITAIRE

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le
28 novembre 2018

Tout frais rentrés du trek de trois jours du Quilotoa le soir précédent (enfin non, pas vraiment  frais ! ;D), c’est seul que je me lève aux aurores pour partir à l’assaut de l’autre volcan de la région de Latacunga : le Cotopaxi !

En effet après notre premier trek en semi-autonomie, Jeanne m’a gentiment fait comprendre qu’il n’était pas vital pour elle de voir le glacier de cette montagne, formant un cône parfait, culminant à près de 5900 m d’altitude et entouré seulement d’une immense plaine qui souligne encore plus sa magistralité (« C’est mort, demain je dors ! »)

Réveil brumeux

À 6 h quand le réveil sonne, je sens que je n’ai pas vraiment les jambes pour aller passer la symbolique barre des 5000 m (le bas du glacier) surtout qu’une brume froide et épaisse enrobe toute la ville, mais une petite voix résonne dans ma tête : « Ce serait bête de pas le faire quand même, et puis, le beau temps va arriver ! »

Alors c’est parti, mais je prends quand même mes vêtements thermiques, gants, bonnet, cache col, doubles chaussettes et veste GoreTex en plus de mes bâtons !

Bon, déjà, avant de partir pour le précédent trek je m’étais renseigné auprès du gérant de notre Hostel, qui tient (aussi) une agence qui propose d’aller jusqu’au glacier ou jusqu’au sommet du Cotopaxi. Étant donné la différence de prix, de temps, de difficulté et l’incertitude météo, j’avais choisi la première option.

Du coup à notre retour du Quilotoa, je repasse à l’agence et finalement, n’ayant pas assez de monde pour le lendemain, le gérant m’organise le truc avec un de ses amis guide national qu’il a fallu que je rejoigne à 7 h du matin en prenant, depuis la station centrale, n’importe quel bus en direction de Quito (pendant environ 20 min de route) jusqu’au « Rondador Cotopaxi », un rond-point en bordure d’autoroute.

C’est là qu’attendent, bien rangées, des pickups de guides. Parmi eux, mon homme, surnommé Don JeSaisPlusQuoi (vraiment navré, impossible de retrouver son nom…) qui est guide ici depuis plus de 35 ans (ces enfants sont eux-mêmes guides dans d’autres régions du pays) et qui m’avoue lui même, qu’il n’a plus vraiment envi de le faire… (ça se sentira un peu plus tard dans ce récit).

Bien sûr, d’autres touristes complètent la voiture (on attend quand même 30 min) : 4 jeunes Équatoriennes en vacances armées de selfi sticks, mais seulement de jeans, d’un petit pull chacune et d’une fine paire de gants (spoiler : elles n’avaient pas vraiment prévu de qui allait suivre) ;D

À l’attaque du volcan actif le plus haut d’Équateur

Maintenant que tout le monde est prêt, c’est parti pour une quarantaine de minutes de voiture en direction, puis dans le parc national du Cotopaxi (sans croiser personne). Niveau météo par contre, c’est toujours la pleine brume (et je commence à me dire que pour le panorama, faudra repasser) !

Sur la route, c’est quand même magnifique, on passe proche de la lagune de Limpiopungo (on s’y arrêtera au retour) et petit bonus, en plein milieu de la plaine, on tombe sur une troupe d’une trentaine de chevaux sauvages en train de pâturer tranquillement, superbe !

Finalement, on arrive au parking (4580 m d’altitude quand même) la suite, c’est à pied direction le refuge : seulement 870 m de distance mais 230 m de dénivelé positif (26 % quand même), on attaque directe ça chauffe les cuisses !

Et c’est là que mes trois équipières ont compris leur erreur… La route est constituée uniquement d’une sorte de gros sable brun, la pente est assez raide, la température est négative, et à froid, ce n’est pas si simple que ça ! Et pour rendre ça plus sympa, on ajoute une pluie verglacée qui, bien aidée par un vent bien puissant, vous fouette bien le visage ! Alors moi, je me dis que quitte à être dans le petit défi sportif, pourquoi pas, mais pour elles c’est la douche froide (c’est le cas de le dire) ! Le guide, habitué, attend tout le monde en encourageant, on fait une ou deux petites pauses et finalement, on arrive au refuge.

Là, c’est chocolat chaud et photos de groupe pour tout le monde ! L’endroit se remplit petit à petit de groupes qui abandonnent l’ascension qu’ils avaient commencée quelques heures plus tôt en direction du sommet, les conditions sont trop dangereuses (du coup, je ne regrette pas de ne pas avoir réservé ce tour haha) !

De notre côté le guide nous apprends pas mal de choses sur le Volcan, par exemple qu’il est toujours actif, d’ailleurs sa dernière éruption date de 2016 et il y a encore quelques mois, le parc étaient toujours fermé au public à cause des risques ! Mais comme il le dit si bien « si les alarmes pré-éruption résonnent maintenant, on n’aura pas le temps de partir suffisamment loin ! »  Youhou !

Mais bon, au moins ce n’est pas comme le super Volcan Quilotoa, qui d’après plusieurs experts, si il explose, rayerait entièrement l’Equateur, une partie de la Colombie et une partie du Pérou de la carte ! (Autant dire que là il n’y a pas de grandes chances de survie !)

Autre point, moins “fun” il nous apprend qu’au début de sa carrière, le glacier commençait à 10 m de la porte du refuge, aujourd’hui sa pointe la plus avancée est à plus de 530 m de distance, 130 m plus haut. Merci le réchauffement climatique ! À ce rythme, dans quelques dizaines d’années au mieux, le glacier aura complètement disparu…

On se réchauffe au refuge.

Le glacier en solo

Après une vingtaine de minutes, notre guide pose la question fatidique au groupe : « est ce que vous voulez monter au glacier ? » (sachant que dehors, c’est toujours la tempête verglacée)

Réponse unanime de mes partenaires (non!) mais moi, quitte à m’être levé, je veux le voir ! Si je reviens un jour, il ne sera sans doute plus là !

Et là, surprise, le guide me dit « okay, viens avec moi, je te montre la direction par où partir, nous, on attend dans la voiture, disons dans 40 minutes ! »

(Je vous avais dit qu’il était saoulé d’être guide haha)

Donc, là, je sors les bâtons, il me montre par où partir et let’s go, le timing est serré, on ne perd pas de temps !

C’est vraiment la course, il fait encore plus froid, il y a encore plus de vent, de pluie verglacée et là, y’a pas vraiment de chemin, donc c’est un tout droit. Ça glisse de partout, le terrain monte et descend, mais j’aime bien le défi sportif que ça engendre alors go ! Et 15 minutes plus tard, c’est le sésame, je suis au niveau du glacier (et d’après mon smartphone, je suis à 5025 m d’altitude : YES !) !

Quand je vous dit que la météo n’était pas top…

Alors, on passera sur la vue (il n’y en avait pas, ni vers le bas, ni vers le haut, j’étais dans un nuage !) mais je prends un peu de temps pour admirer ce glacier qui va bientôt disparaître ! Je sors mon portable et ma caméra, mais il fait tellement froid que mes batteries s’effondrent en quelques minutes, couplé à la pluie, pas facile d’avoir un plan correct haha !

Bon, c’est vraiment beau et j’aurais bien testé d’aller plus haut, mais on m’attend, alors c’est partie pour la descente et là, c’est plus sympa: avec les bâtons, dans le sable et en courant, ça donne l’impression de marcher sur la Lune !

Arrivé à la voiture, ni une ni deux, j’ai à peine le temps de ranger mes affaires à l’arrière du pick-up, on repart direct (et ça souffle toujours bien, BIEN fort) ! Direction la lagune, elle est très belle, mais encore une fois, on est un peu pressé par la météo (et le guide) !

Finalement, 35 minutes plus tard nous voilà à nouveau au point de départ, il est même pas encore 11 h 30, mais l’excursion est (déjà) terminée !

(Enfin faut encore arrêter les bus sur l’autoroute pour rentrer à Latacunga)

Maintenant, c’est l’heure du bilan !

Franchement, c’était pas super cher (20€), donc oui c’était moyen:

  • Le guide était très sympa et avait des choses hyper intéressantes à nous apprendre. Après et je peux le comprendre, au bout de 35 ans à faire la même chose, qu’il nous pressait un peu, mais bon…
  • La météo était vraiment horrible, mais ça, c’est le jeu !

Mais c’était quand même cool :

  • Notre groupe était super, on a bien rigolé.
  • Le défi sportif était court mais intense
  • La vue du glacier
  • Les chevaux sauvages

Alors je ne peux que vous encourager à le faire, voir même à monter plus haut, même si c’est vraiment très dépendant de la météo !

Mais essayez de bien prévoir (pas comme moi), il y a beaucoup de choses à voir et à apprendre. En gros, vous avez trois possibilités (pour aller jusqu’au glacier) :

Camper

Vous pouvez parfaitement vous faire conduire jusqu’au parc. Comme tous les parcs nationaux équatoriens (hors Galapagos) l’entrée est gratuite, vous pourrez ensuite monter votre tente dans l’un des camps (et nul part ailleurs) et vous organiser à votre guise sur plusieurs jours. Cette solution demande plus de logistique, car les distances à parcourir sont longues (si vous êtes à pied ou à vélo) et qu’il n’y a (à ma connaissance) pas de quoi se ravitailler (et aussi parce que dormir à plus de 3000 m d’altitude, peut nécessiter de l’acclimatation). De plus, vous n’aurez pas les explications très appréciables sur ce volcan considéré comme l’un des plus dangereux du monde ! Par contre plus vous restez, plus vous aurez de chance d’avoir une vue dégagée sur et depuis  la montagne… Et ça, ça vaut le coup !

Prendre un Guide sur place

Pour cela, il vous suffit de prendre n’importe quel bus depuis Latacunga (Terminal Terrestre) direction Quito jusqu’au rond point “Rondador Cotopaxi” (2,5€ a/r en juin 2018) et négociez votre tour directement avec un des guides en Pick-up (environ 20€ pour un tour d’environ 4h) et là, ce sera la roulette russe, en fonction du temps et de la motivation de votre guide, l’expérience pourra  être super satisfaisante comme frustrante…

Réserver avec une agence à Latacunga

Réserver un tour dans une agence depuis Latacunga (25€ et plus), en plus des service du point numéro 2, vous aurez le transport aller/retour inclus ainsi qu’un repas. Pour la qualité, je vous conseille fortement de bien vous renseigner à l’avance, quitte à payer un peu plus, ça vaut le coup.

Sinon vous pouvez aussi tenter le trip sportif de l’ascension jusqu’au sommet, mais dans ce cas vous devrez ABSOLUMENT être accompagné d’un guide (entre 200 € et 250 € par personne), je vous laisse chercher pour plus d’informations comme je ne l’ai pas fait personnellement.

Le Cotopaxi sort des nuages alors qu’on est sur la route du Quilotoa, quelques jours avant cette aventure.

Infos utiles

  • Entrée du parc Cotopaxi : Gratuite
  • Coût du camping : 5 USD par personne et par nuit
  • Coût bus depuis Latacunga (a/r) : 4 USD  
  • Coût guide sur place : ~35 USD par personne
  • Coût en agence à Latacunga : 45 USD

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